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Le MuST, numéro 14 (août 2004)

retour Activités du GIS

Une réunion du comité a été tenue en juin 2004. Les sujets suivants ont été abordés :

Le procès verbal est disponible ici (hyperlien vers PDF).

En dehors de cette rencontre, plusieurs échanges ont eu lieu sur les points suivants :

retour Réflexions

Être ou ne pas être scientifique, technologique et industriel, là est encore la question!

Collection scientifique et technologique, collection de sciences naturelles, musée de science et technologie, centre de science... D'emblée, on rassemble sous une même bannière ces institutions et ce patrimoine. Tout cela semble limpide. Tout le monde sait faire la différence entre une exposition ou une collection de science et d'art... Mais la réalité est souvent beaucoup plus nuancée.

Le tout récent Macro-inventaire des collections scientifiques et technologiques au Québec met en évidence la difficulté de tracer des limites entre les collections selon la catégorie « scientifique et technologique ». Par extension, il apparaît tout aussi complexe d'établir ce type de distinction entre les institutions muséales.

Compte tenu du manque de bases communes et d'uniformité relevés par le macro-inventaire, le GIS-MUST, en collaboration avec le Réseau Info-Muse de la SMQ, se penchera sur la définition des collections scientifiques et sur la manière de classer les objets. Dans cette optique, je vous propose un petit exercice, question d'illustrer la problématique. Nous examinerons d'abord les collections et ensuite les institutions et les activités de diffusion.

Les collections

Commençons par les objets. Voici une liste de groupes d'objets. Évaluez spontanément s'ils constituent des collections scientifiques et technologiques.

Groupes d'objets Collections de science et technologie?
  Oui Non
Télescopes
Automobiles
Prototypes de satellites
Stylos
Éprouvettes
Pompes d'évacuation des eaux (municipale)
Fileuses mécaniques (de manufacture)
Ampoules électriques
Oiseaux naturalisés
Oiseaux vivants
Appareils électroménagers
Balances de laboratoire
Pèse-personnes
Ordinateurs
Téléphones cellulaires
Appareils photos
Semences de blé
Codes génétiques d'espèces en voie d'extinction
Photographies de travailleurs sur les barrages
Photographie de professeurs de physique
Pavillon des sciences d'une université et mobilier
Météorites
Grattoirs en silex
Couteaux de cuisine
Montgolfières
Instruments de dessin d'un archéologue
Banques de données d'un laboratoire de recherche

Reprenons maintenant l'exercice à l'aide de quelques définitions. L'inventaire des collections scientifiques et technologiques du Québec propose les définitions suivantes

Collection de sciences naturelles :
regroupement de spécimens ou d'organismes vivants ou non vivants issus de la nature, c'est-à-dire d'origine minérale, animale ou végétale. Cette catégorie comprend les collections vivantes, les collections non vivantes et les collections in situ.
Collection de sciences et de technologies :
regroupement d'objets fabriqués par les humains et rassemblés pour témoigner de l'évolution d'une science, d'une discipline ou d'une technologie particulière. Cette catégorie comprend les collections de patrimoine industriel, les collections d'histoire des sciences et des technologies et les collections situ.

À celles-ci, ajoutons quelques définitions de plus, telles que données par le Petit Robert.

Science :
Ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables.
Scientifique :
Qui appartient aux sciences, qui concerne les sciences. Qui est conforme aux exigences d'objectivité, de précision, de méthode des sciences.
Discipline (scientifique) :
Branche de la connaissance, des études.
Technologie :
Théorie générale et études spécifiques (outils, machines, procédés) des techniques.
Techniques :
Ensemble de procédés méthodiques, fondés sur des connaissances scientifiques, employés à la production.
Industrie :
Ensemble des activités économiques ayant pour objet l'exploitation de matières premières, de sources d'énergie et leur transformation, ainsi que celle de produits semi-finis en biens de production ou de consommation.

Les choses se corsent un peu... non?

Chacun des groupes d'objets listés pourrait être analysé longuement. Et si les stylos avaient été utilisés par un scientifique? Les ampoules électriques sont témoins de l'évolution de l'industrie de l'électricité, mais sont aussi des objets d'éclairage domestique. Le grattoir est un bel et bien un outil technique, mais à quelle époque de l'humanité commencent la science et la technologie? À moins que l'on ne considère les grattoirs comme des témoins des recherches en anthropologie, une science ? S'agit-il simplement de tracer la ligne entre la fonction première et l'usage des objets? Les collectionneurs québécois, qu'ils soient musées ou autres, ne s'entendent pas sur la manière de considérer les objets. Certains choisissent le point de vue éducatif, d'autres le point de vue ethnologique, d'autres la fonction première de l'objet, d'autres la place dans l'évolution technologique, etc. Une discussion sur la standardisation des points de vue serait bénéfique pour la muséologie scientifique et technologique.

retour Les institutions

Alors, vous n'êtes pas historien des sciences, encore moins archiviste de collections? L'exercice est peut-être un peu trop spécialisé. Intéressons-nous aux institutions muséales. En tant que membres du Groupe d'intérêt spécialisé en muséologie scientifique et technologique, vous fréquentez certainement ces endroits. Mais vous êtes-vous déjà demandé ce qu'était au juste la muséologie scientifique et technologique? Encore une fois, la question paraît simple, mais il vaut la peine de s'y intéresser de plus près.

Le Bilan de la MUST au Québec s'est déjà penché sur cette problématique et n'a trouvé aucune définition satisfaisante. Certaines associations de musées scientifiques ou de centres des sciences se contentent de les définir comme des institutions contribuant à développer la culture scientifique de la population. Le concept de culture scientifique et technologique a été examiné entre autres par Bernard Schiele, Michel Amyot et Claude Benoît lors du colloque « Quand la science se fait culture » en 1994. Ils expliquent que cette expression désigne un ensemble de pratiques de diffusion de la culture des sciences et des techniques dans un contexte non formel. Le Conseil de la science et de la technologie la définit plus largement comme la capacité de prendre du recul par rapport à l'entreprise que représentent les sciences et la technologie (référant aux domaines de recherche et d'applications dans le sens large : sciences naturelles, génie, santé, environnement, mais également les sciences humaines et sociales, etc.), à leurs méthodes, à leurs incidences, à leurs limites et aux enjeux qui s'y rattachent. Le Conseil distingue la culture sociétale, déterminant la propension de la société à valoriser le fait scientifique et technologique, à en comprendre les enjeux et à identifier les questions à débattre, et la culture individuelle, représentant chez une personne l'ensemble des sensibilités, des savoirs, des expériences, des pensées, des compétences et des comportements à l'égard des sciences et de la technologie.

Donc, si les institutions muséales et leurs programmes éducatifs et culturels traitent de culture scientifique, comme le soulignent les définitions précédentes, il serait approprié de les associer au terme « muséologie scientifique et technologique ». Faisons l'exercice.

Institutions, expositions, activités Institution / Muséologie de scientifique et technologique?
  Oui Non
Le Biodôme
Le Musée des ondes Émile-Berliner
Les Forges du Saint-Maurice
Le Zoo de Granby
La Pulperie de Chicoutimi
L'Éco-musée de Fier Monde
Fileuses mécaniques (de manufacture)
Le Musée Pointe-à-Callière
Le Musée canadien des civilisations
Le Musée des beaux-arts de Montréal
Une exposition sur l'agriculture
Une exposition sur l'exploration de Mars
Une exposition sur l'or
Une exposition sur l'histoire de l'école Polytechnique
Une exposition sur la faune de l'Abitibi
Activité éducative sur l'évolution des moyens de communication
Activité éducative de fouilles archéologiques
Activité éducative sur les mammifères marins
Débat public sur l'énergie
Conférence sur l'histoire de l'industrie de la pêche
Atelier de fabrication de tissus
Atelier sur les principes de conception architecturale
Exhibit sur la fabrication des sculptures en bronze

Avez-vous eu quelques hésitations? L'objectif de ces exercices n'est pas de donner « la bonne réponse », mais bien de susciter la réflexion sur l'étendue de la muséologie scientifique et technologique. À l'image de la société occidentale, la science suivait depuis deux cent ans le chemin de la classification et de la spécialisation; la muséologie aussi. À l'heure des convergences, de la multidisciplinarité, de l'approche globale, les limites classiques de toutes sortes deviennent perméables. C'est le cas aussi dans nos institutions muséales. Ainsi assistons-nous à des associations d'objets et de thèmes traditionnellement distincts, par exemple lorsque des voitures se retrouvent dans un musée d'art, ou que des oeuvres d'art font vitrine dans des musées de sciences. Ces « ponts » semblent apporter de nouvelles connaissances, une nouvelle compréhension offrir un espace plus proche de la réalité des visiteurs. Étrangement, ce rapprochement des sphères du savoir rappelle l'époque des grands musées (inter)nationaux, mais également celle des cabinets de curiosité...

par Nadine Davignon
Transfert Environnement
nadine@transenvironnement.qc.ca

retour Ressources à signaler

Macro-inventaire

Le Macro-inventaire des collections de sciences et de technologies est en ligne. Le document présente notamment la méthodologie d'enquête, les résultats par type de collections, des recommandations ainsi que de nombreuses annexes.

L'Institut québécois de la biodiversité est lancé!

« Préserver la biodiversité en développant les connaissances scientifiques », telle est la mission du nouvel Institut québécois de la biodiversité (IQBIO), dont la création a été annoncée le 18 mai dernier par Frédéric Back, Pierre Brunel, Pierre Dansereau, Hubert Reeves et un groupe d'experts. L'Institut québécois de la biodiversité a été créé pour développer les connaissances fondamentales sur la nature, notamment en veillant à la préservation des collections de recherche québécoises, partie importante de notre patrimoine scientifique. Le Québec compte quelque 200 collections de recherche réparties sur tout le territoire et préservées dans des conditions très variables. Plusieurs de ces collections inestimables pour la recherche scientifique et pour la connaissance de nos écosystèmes sont menacées de disparaître, faute de personnel spécialisé et d'espaces dédiés à leur conservation. L'IQBIO se propose de répertorier et documenter les collections de recherche du Québec, d'évaluer leur pertinence et leur état de conservation. Il coordonnera les efforts de conservation, d'accessibilité et de mise en valeur de ces collections. Il veillera enfin à assurer la relève professionnelle dans le domaine de la taxinomie. L'IQBIO est présidé par Pierre Brunel, professeur retraité du département de sciences biologiques de l'Université de Montréal.

Publication du Conseil de la science et de la technologie

Paru en avril, La culture scientifique et technique, une interface entre les sciences, la technologie et la société, rapport de conjoncture 2004 souligne la place importante des institutions muséales dans la culture scientifique. Le compte-rendu de Martine Bernier est disponible ici et le rapport complet est ici

Les vacances : la carte des loisirs scientifiques

Le Magazine Québec science vient de publier, comme chaque année, la carte des lieux de tourisme scientifique et technologique. Cet encart est disponible dans le numéro de mai 2004.

Ce numéro du MuSt a été réalisé
sous la responsabilité de :
Nadine Davignon
Transfert Environnement
nadine@transenvironnement.qc.ca

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